Accueil » Communication » “Les entreprises réunionnaises ont toujours fait de la veille, mais celle-ci restait informelle” Salima Cosadia
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Fondatrice d’une société de veille stratégique et d’intelligence économique à la Réunion, Salima Cosadia est désormais à l’EGC Réunion et intervient entre autres en mission pour de la veille. Elle a accepté de nous donner son avis sur le marché de la veille informationnelle et sa façon de voir son évolution dans les années à venir.
Pouvez vous nous présentez globalement votre activité ?
Je suis documentaliste de métier, avec l’arrivée d’Internet et les possibilités qu’offrent les technologies de l’information et de la communication, j’ai doucement glissé vers un profil de « veilleuse d’information », qui m’a conduit en février 2008 à créer ma société. Après avoir suivi des formations en veille stratégique à Paris (Société Cybion), notamment sur les outils de la veille, j’ai essentiellement acquis mes compétences en veillant les nouvelles informations de ce domaine. Dans ce domaine, il est essentiel d’expérimenter les outils, pour en avoir une bonne perception et enrichir ses compétences.
L’attitude de veille est une attitude d’écoute de son environnement, tout chef d’entreprise le fait naturellement, de manière plus ou moins formelle. Or il existe aujourd’hui de véritables outils technologiques et des méthodes, des procédures permettant d’optimiser sa veille. Je forme les entreprises sur ces outils et ces méthodes.
Quelle est la perception des sociétés réunionnaise sur cette activité de “veille” ?
Les entreprises réunionnaises ont toujours fait de la veille, mais celle-ci restait informelle, comme il s’agit de se tenir au courant de l’environnement de son entreprise, de l’activité de ses concurrents…, rien de nouveau à cela. Cependant, aujourd’hui, les outils technologiques peuvent faire des merveille en matière de récolte d’information, surtout si une méthode et des processus bien précis sont appliqués, ils permettent la récolte de l’information, son analyse, et aident à prendre une bonne décision. Les entreprises réunionnaises commencent à aborder la veille, à travers notamment des demandes de veille autour de la presse, qui consiste à leur fournir régulièrement des informations sur un sujet bien précis. Cependant, le stade de ce qu’on appelle l’Intelligence Économique est atteint par peu d’entreprises encore à La Réunion, on dit « Maitriser sa veille pour préparer l’Intelligence Economique ». Le concept d’Intelligence Économique renvoie à l’idée d’anticiper sur ses besoins en information. De quelles informations vais-je avoir besoin demain compte tenu de ce que je récolte aujourd’hui ?
Face au développement de nouveaux médias du digital et notamment l’Internet comment les entreprises réunionnaise anticipent la veille stratégique ?
La veille stratégique est composée de différentes veilles (technologique, commerciale, concurrentielle, règlementaire, sociétale, pour les principales).
Il s’agit ici de veiller en fonction de ses objectifs stratégiques. Un idéal serait qu’une entreprise mette en routine les différentes veilles, et réussissent à créer des liens entre les informations en fonction de ses incertitudes. L’objectif de la veille stratégique étant de réduire le champs d’incertitude face à une décision.
Aujourd’hui peu d’entreprises le font pour toutes ces thématiques à la fois, le métier de veilleur en entreprise n’existe pas encore, chaque unité dans l’entreprise réalise sa propre veille. Un département R&D par exemple veillera sur les innovations technologiques de son domaine, tout comme le département commercial qui le fera également à sa manière.
Internet est une fourmilière d’information en mouvement permanent. Pourquoi et comment surveiller l’usurpation d’identité, l’ereputation de produits, marques, personnalité ?
Lorsque vous parlez d’usurpation d’identité, d’e-reputation, effectivement personne n’est à l’abri de tels phénomènes. Dans le domaine de l’e-réputation, la veille est précieuse car elle permet de savoir qui dit quoi sur son compte et permet de rectifier immédiatement par une contre-réponse. Il existe des outils qui permettent de surveiller l’e-réputation. En ce qui concerne l’usurpation d’identité, c’est une question de sécurité de ses données personnelles. Si une personne réussit à usurper votre identité, c’est qu’à travers des informations publiées sur vous sur le Web, elle a réussi à en savoir assez long sur vous pour se permettre de prendre votre place. Ici, je dirai qu’il en va de la responsabilité de chacun de publier des données personnelles, j’avertis les personnes que je forme, notamment les jeunes, des dangers que peuvent représenter la fréquentation des réseaux sociaux comme Facebook.
Comment voyez vous la veille informationnelle et concurrentielle dans les mois et années à venir ?
La veille informationnelle est appelée à évoluer, c’est évident. Nous sommes envahi par l’information, nous parlons même d « infobésité ».Face à ce phénomène, la stratégie à adopter est de trouver la bonne information au bon moment, pour la transmettre à la bonne personne pour qu’elle puisse prendre la bonne décision. La première étape est ici de savoir ce que l’on cherche, d’avoir des objectifs précis, quand on sait précisément ce que l’on cherche, on tombe toujours comme par hasard sur la bonne information ! Les entreprises qui commencent à adopter la veille comprennent cela, et deviennent pro-actives face à l’information. Certains outils technologiques nous permettent déjà d’être pro-actif, il s’agit des aggrégateurs d’information comme Netvibes, qui donnent à l’utilisateur la possibilité de créer son propre portail d’information en fonction de ses besoins.
Quant à la veille concurrentielle, elle est amenée à évoluer également vers ce que j’appelle la « coopétition », un mélange des concepts de coopération et de compétition. Les entreprises d’un même secteur, voir concurrentes, se réunissent pour travailler sur des problématiques communes pour un bien commun, qui existe au-delà de leur propre rentabilité. Il s’agit ici des clusters, des pôles de compétitivité qui œuvrent pour le développement économique de la région dans laquelle ils se trouvent. A La Réunion, nous pouvons aussi parler du projet « Ile Verte » ou encore de « GERRI » ou encore plus récemment du projet « We’re Reunion » qui fédèrent les entreprises à travers un même objectif relié à des valeurs communes.
Nous vous remercions …
...
… C’est fort quand même. Cette demoiselle croit elleessaie t’elle sérieusement de nous faire croire qu’elle est l’inventeuse du néologisme coopétition ou manque t’elle simplement de culture générale?