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A la Réunion, tout à commencé au milieu de l’année 2008 avec une compilation du PRMA (Pôle régional des Musique actuelle) que des artistes de l’île retrouvent en vente sur Internet.
Cette compilation qui est interdite à la vente et destinée uniquement à la promotion des artistes de la Réunion éveille les soupçons du PRMA. Plus récemment la mésaventure continue avec le nouvel album du groupe réunionnais Maloyab dirigé par Jimmy Corree. L’artiste en faisant quelques recherches sur le web aux alentours du 10 Janvier 2009 découvre avec surprise que son nouvel album « Dans le firmament » a été mis en ligne sur des sites de Peer To Peer, de type Torrent* et aussi sur ces sites de téléchargement payant sans son accord.
Parmi la liste des albums et titres disponibles sur ces sites Internet de téléchargement nous retrouvons des artistes tels que François Dal’s, Danyel Waro, Baster, Lindigo ou Verzonroots, ainsi que Kaf Malbar et Davy Sicard. Ce n’est pas moins d’une vingtaine d’artistes réunionnais qui découvrent, avec stupeurs, leurs albums et titres en téléchargement payant sans leur autorisation. Les ayants droit ne touchent rien en retour et ces sites ne disposent d’aucun accord avec les maisons de disques et producteurs
Certains albums vendus dans le commerce aux alentours d’une vingtaine d’euros se retrouvent ainsi bradés à 1,50 € l’album de dix titres. Incroyable et difficile de comprendre ces tarifs dérisoires …

“Cela est déplorable pour les artistes et les producteurs. Le gouvernement tarde à protéger et à sécuriser les oeuvres des artistes sur l’Internet. A moins d’avoir des sanctions exemplaires, du côté des producteurs et des artistes notre marge de manÅ“uvre est pour le moment limitée” déclare Teddy Moutalica, manager de Meddy Gerville
Jimmy Corre du groupe Maloyab de son coté n’est pas contre l’utilisation de ces outils mais pense que cela peut représenter une part de crainte et de danger. “Nous, artistes, sommes un peu pris au dépourvu face aux nouvelles technologies et devons faire un effort d’adaptation si nous souhaitons rester d’actualité, car le cd est appelé à disparaître d’ici quelques années. Nous exprimons un peu une crainte car nous pensons que ces outils pourraient représenter un danger si nous ne saurions pas nous y adapter pour les maîtriser; mais nous ne les rejetons pas pour autant…” ajoute t-il.
En attendant la SACEM Réunion (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) ne dispose pas de compétences et de moyens pour accompagner les artistes dans la défense de leurs droits face à ces nouveaux outils de l’Internet. « Nous avons de plus en plus de cas de diffusions illégales de titres et d’albums réunionnais sur le web. Nous les encourageons vivement à se tourner vers la SESAM (Société des auteurs multimédia) à Paris qui est spécialisée dans ce domaine » précise Christine Chiarbonello de la Sacem Réunion.
Interrogée sur la question au mois de janvier 2009, la direction des relations clientèles de la SESAM, nous a conseillé de faire parvenir une réclamation auprès du Service des Vérifications de la SACEM si l’artiste dépend de cette structure.
Les meilleurs éclaircissements nous viennent du Pôle régional des musiques actuelles de la Réunion. Les équipes du PRMA ont contacté le service Juridique et enquête Internet de la SACEM à Paris qui est spécialisé dans ce domaine. Ils ont également contacté le Bureau Export de la Musique Française (The French Music Export Office) à Moscou sans succès.
Tous les efforts restent pour le moment en vain car ces plateformes de téléchargement payant illégal ne dépendent pas de la législation Européenne et se prévalent d’avoir des autorisations de l’organisme russe de gestion des droits d’auteurs ; la Roms. Même si les majors arrivent à faire condamner ce genre de site Internet, ils sont immédiatement dupliqués sur plusieurs noms de domaine et serveurs à travers le monde.
Selon Alain Courbis, directeur du PRMA cette situation préoccupe bon nombre de professionnels et artistes au niveau mondial. “Cela est catastrophique pour les professionnels mais aussi les autres sites de téléchargement vraiment légales. Nous nous sentons un peu impuissant face à ces organisation probablement mafieuse installées en Europe de l’Est”. Selon le Times une de ces sociétés prémices de ce système appelé « Medias Services » aurait attiré 5,5 millions de clients et générait un chiffre d’affaires annuel estimé à 30 millions de dollars.
Les choses évoluent pourtant dans le bon sens et depuis peu les Etats-Unis ont déjà fait savoir qu’ils pourraient bloquer l’entrée de la Russie au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si rien n’était fait contre ces sites qui dérangent. Gageons que ces sites disparaissent afin de laisser place à une industrie saine et légale.
* Un lien Torrent est un fichier qui permet de télécharger un contenu donné sur Internet ; vidéo, mp3, logiciel)
Focus : Fonctionnement et hébergement de ces sites Internet
Les sites concernés sont pour la plupart hébergés dans des villes comme Vladivostok en Russie et affichent fièrement plus de 3 000 000 de titres pour 350 000 albums. Sans aucun service après vente ou numéro de téléphone joignable, ils n’ont pour la plupart aucune adresse de correspondance, mentions légales et adresse email en cas de soucis. Les serveurs de paiements sont installés en Espagne. Les spams proviennent de la Lituanie. Un seul conseil ; éviter de laisser votre carte bleue sur ce genre de sites Russes
jm974
Oui c’est un site de piratage comme tant d’autres… je ne comprends absolument la “surprise” qui apparait dans ce billet….